FR | DE
ombre gauche

<< Retour aux articles

Diagnostic

Le regard du chiropraticien

La marche et la position debout révèlent certains troubles.

Comme les parents qui voient immédiatement à la mine de leur enfant que quelque chose le perturbe, un chiropraticien comprend d’emblée la raison d’une consultation. En accueillant son patient pour le mener à la salle de consultation, il procède déjà à une première évaluation. Car les postures adoptées par le corps en position debout et à l’état de la marche reflètent la condition physique et les troubles de l’appareil locomoteur.

Evaluation des pieds
Au cours de son examen, le chiropraticien accorde une attention soutenue aux pieds de son patient. Jour après jour, les pieds supportent l’intégralité du poids corporel à la marche et à la station debout. Il n’est donc pas surprenant que certains troubles de l’appareil locomoteur se manifestent dans les pieds – et qu’une déformation du pied irradie vers d’autres régions corporelles. Des chaussures trop étroites, trop hautes ou trop courtes et le report du poids du corps sur l’avant-pied sont souvent à l’origine d’un Hallux valgus, une déviation du gros orteil vers l'extérieur. Cette déviation n’est pas seulement douloureuse, mais provoque des pieds plats, affaissés ou étalés. Lorsque la voûte plantaire d’un pied plat ne parvient plus à assumer la charge du poids corporel, elle s’incline unilatéralement avec, pour conséquence fréquente, d’autres problèmes au niveau des articulations, des genoux et des hanches.

Sous tous les angles
Au cours de son analyse de la position debout, le chiropraticien étudie son patient de face, de dos et de profil. Il obtient ainsi une image tridimensionnelle qui lui permettra d’identifier des déformations, déficits posturaux et autres troubles. Il accorde une attention particulière à la symétrie: elle est un signe encourageant dans le traitement des troubles unilatéraux.

En examinant son patient de face, le chiropraticien peut constater un déséquilibre du bassin provoqué par des jambes de longueurs inégales ou des jambes orientées vers l’intérieur ou l’extérieur. Lorsque le patient se tourne de côté, il peut identifier une scoliose, une incurvation de la colonne vertébrale due à une mauvaise posture. La vue latérale lui permet également de vérifier si le dos est rond ou creux ou si le torse présente une bosse, des malpositions provoquées par des déroulements de mouvements défavorables en positions assise et debout et à l’état de la marche. La position de la tête est aussi évaluée de profil.

Dangereuse posture de ménagement
Les faiblesses posturales résultent souvent d’une position de défense adoptée par le corps pour soulager des douleurs. Mais cette posture de ménagement peut avoir de graves conséquences en surchargeant les articulations: un patient qui souffre par exemple d’une entorse aura tendance à reporter le poids du corps sur le pied valide, mais à long terme, ce pied sera dans l’incapacité d’assumer à lui seul toute la charge corporelle. L’une des tâches du chiropraticien est d’identifier non seulement une posture de ménagement, mais également les troubles qui l’ont provoquée. Le patient est en effet rarement conscient d’avoir adopté une posture de ménagement car elle est devenue une habitude.

Observer et comparer
Même les profanes savent reconnaître un déséquilibre prononcé du bassin ou des épaules et une courbure anormale de la colonne vertébrale. Les parents attentifs constatent fréquemment à un stade précoce les troubles posturaux de leurs enfants. Mais seul un chiropraticien est en mesure d’identifier les petits détails souvent fondamentaux. La comparaison entre le bas et le haut, la droite et la gauche, lui fournit les premiers indices: deux épaules qui ne sont pas au même niveau, une clavicule plus proéminente, un côté du dos plus musclé que l’autre.

Pour obtenir une vue d’ensemble plus précise, le chiropraticien n’analyse pas seulement la symétrie en mettant en parallèle le côté gauche et le côté droit de son patient, mais compare également son patient au modèle postural d’un «sujet moyen sain». Cette technique comparative tient compte des angles, des dimensions et des volumes. Le chiropraticien est
ainsi en mesure d’identifier dans ce schéma global les zones problématiques qu’il examinera de façon plus approfondie au cours de la palpation.

Regarder et écouter
Pour analyser la démarche de son patient, le chiropraticien utilise des techniques identiques à celles mises en œuvre pour examiner la posture, c’est-à-dire observer et comparer. Il étudie les schémas de mouvements, de l’intensité de la foulée aux rotations des genoux, pour déceler d’éventuels dysfonctionnements. Une telle analyse met souvent en évidence des anomalies ou malpositions, comme une démarche hésitante ou saccadée, des mouvements discontinus et incertains, des boitillements, une extension insuffisante au niveau du genou ou de la hanche et une foulée défavorable. Le chiropraticien n’observe pas seulement son patient, mais écoute attentivement: une boiterie traduit une douleur, une démarche vacillante indique un dysfonctionnement nerveux, un steppage témoigne d’un déficit des muscles releveurs, une foulée courte dénote une faiblesse des muscles extenseurs. Les différents bruits produits par la plante du pied qui se pose sur le sol jouent également un rôle déterminant: le pied heurte-t-il le sol ou se pose-t-il en souplesse, est-ce que le bruit du pas est équilibré, un craquement se fait-il entendre dans les articulations? Les mouvements des bras fournissent de précieuses informations sur l’état de la région des épaules et de la nuque.

Lorsque le chiropraticien souhaite des informations plus détaillées, il réalise une analyse de la marche sur un tapis roulant ou une analyse dynamique de la marche par caméra vidéo. Des prises de vues au ralenti ou des images figées fournissent des informations précises sur la biomécanique des mouvements. Mais en général, le chiropraticien pose son diagnostic sans avoir recours à des appareils hautement technologiques: spécialiste de l’appareil locomoteur, aucun détail n’échappe à son regard avisé.

Anne Peer

ombre droite