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Point de vue politique

Dépenser pour mieux économiser

Ne pas épargner, mais investir au bon endroit se traduit àlong terme par des économies considérables.

On nous le rappelle sans cesse, il faut faire des économies. Il n’y aurait plus d’argent pour la santé publique, et les choses ne s’amélioreront guère. Nous
ne voulons pas ignorer sciemment les cris d’alarme, mais observer avec attention ce qu’on nous impose.

Pour aller au fond des choses, reculons de quelques pas. Enfants, nous l’avions déjà appris: si nous manquons d’argent, il faut dépenser moins ou gagner davantage. Dans le domaine de la santé publique, certains conseillent d’augmenter les impôts et les primes maladies pour gagner davantage. Mais les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs, et cette mesure est loin de faire l’unanimité. Abandonnons donc cette idée et essayons de limiter les
dépenses.

Une solution facile s’offre à nous lorsque nous voulons ou devons dépenser moins: nous allégeons le budget global, calculons un pourcentage et l’appliquons à toutes les catégories de coûts. Mais nous savons entretemps que cette solution n’est pas seulement simpliste, mais qu’elle va à l’encontre du bon sens dans la plupart des cas. Eliminons donc cette alternative et attelons-nous à une tâche plus complexe: fractionner la santé publique en plusieurs domaines et épargner différemment dans chacun d’entre eux.

Un instant! Voici une solution envisageable! En fractionnant la santé publique et en traitant différemment chaque domaine, nous pourrions …–exact! Nous pourrions effectivement trouver des domaines auxquels il serait judicieux d’allouer des fonds supplémentaires, alors que tout compte fait nous devrions et devrons réaliser des économies. Et parce que nous sommes très courageux, nous en concluons qu’investir aujourd’hui nous permettra d’économiser demain. Cette idée –dépenser pour mieux économiser! –peut sembler téméraire, mais examinons-la d’un peu plus près.

Nous avons besoin de la santé publique lorsque nous sommes malades. Certaines maladies ne peuvent pas ou pratiquement pas être évitées, mais il est possible d’en prévenir d’autres, qu’elles soient transmissibles ou acquises d’une autre manière. Mais il faut vouloir et savoir se protéger. De nombreuses personnes ne sont pas motivées et ne disposent pas des connaissances nécessaires. Elles ne font pas d’exercices ou pratiquent la mauvaise activité, ne se protègent pas et ne protègent pas les autres de certaines infections, elles fument,boivent de l’alcool,mangent trop ou s’alimentent mal, et n’entreprennent rien lorsqu’une tache noire se développe sur leur peau.

La prévention, c’est encourager la motivation et le savoir de chacun. Une bonne prévention permet de réaliser des économies de quelques milliards, car une prévention active et intelligente préserve la santé. Cette idée n’est donc pas tellement téméraire, les milieux politiques devraient aussi le comprendre: ne pas épargner, mais investir au bon endroit se traduit à long terme par des économies considérables.

Cordialement vôtre,
Dr Gian Jörger, chiropraticien
Président de ChiroSuisse,
l’Association Suisse des Chiropraticiens

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